On arrive et commence le spectacle le plus étrange du monde, un vrai show latino révolutionnaire. Il faut imaginer ce petit village, au milieu des montagnes. Un estrade a été installée à la va vite, sûrement celle qui sert aux concerts locaux. Des communautés indiennes arrivent par bus entiers, tous en habits traditionnels. On rentre dans l`église où un vieux prêtre espagnol profite de l’occasion pour marier une dizaine de couples à la chaîne. Ils ont eu un public incroyable. Puis des dizaines de journalistes prennent placent partout, pendant que des militaires se postent sur tous les toits qui entourent la place en installant leurs jumelles et leurs jolies mitrallettes.

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Les gens s’agglutinent autour de la scène, un mélange d’indiens, de communistes, de journalistes et d’étudiants quelques peu révolutionnaires, tous avec leur banderoles et drapeaux. A peu près 3000 personnes je dirais. A noter un groupe de médecins cubains particulièrement agités. Le soleil monte et le président n’arrive pas. 2 heures plus tard, après quelques danses traditionnelles , quelques discours d’indigènes et quelques coups de soleil, 3 hélicoptères survolent le village, tout le monde lève son drapeau vers le ciel. Ils atterissent non loin dans un nuage énorme de poussière. 4 4 vitres teintées noires, mouvement de journalistes et de militaires, sirènes et voilà M. Correa sur la petite scène du village, acclamé. On croit qu’il va parler enfin. C’est se tromper de beaucoup. D’abord, il manque Mr Chavez et Mr Morales et en plus il faut d’abord passer quelques cérémonies locales.

 

 En premier : la purification. Voilà le nouveau président entouré d’indiens qui l’enfument et lui font passer des herbes sur le corps pour enlever les mauvaises énergies. Ca dure bien 15 minutes. Puis présentation de toute sa famille. Sa femme, belge qui a l’air de s’ennuyer au possible puis ses enfants. Quelques danses traditionnelles, puis voilà les deux stars qui arrivent, de nouveau, hélicos, quatre quatre et journalistes furieux surtout pour Chavez. Les cubains se réveillent au son du viva Ecuador, viva Venezuela, viva Bolivia y viva Cuba même si Fidel, n’est pas là.

 

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Puis, inévitable, la messe. Le prêtre qui a marié sa dizaine de couples ne chôme pas, le voilà faisant la messe en plein air en deux langues Quichua pour les indiens et espagnol. Chavez fait semblant de chanter en Quichua et Morales reste de marbre. Puis remise des cadeaux par les indiens, machettes, ponchos, sombrero, toute la panoplie y passse et les voilà tous déguisé sur scène. A ce moment, j’en peux plus trop chaud , quasi insolation, je sors de la foule.

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Zut c’est là que commencent les discours. Mais je les entends à côté. Les alentours de la place sont bourrés de vendeurs en tout genre. Discours incroyablement populistes, anti américains et anti capitaliste. Morales insiste sur la nationalisation du gaz en Bolivie et la libération du mouvement indigène, c’est le plus sobre et censé je trouve, pas trop démagogue et sincère. Puis Chavez. Un charisme fort, la main sur le coeur, il salue les gens dans le public d’un salut militaire. Un discours cocktail tout y passe : éloge de l’armée équatorienne (l’armée est au peuple ce que l’eau est au poisson ???), santé et éducation pour tous, Simon Bolivar,  Che guevara,  son grand ami Fidel et  Cuba, les valeurs religieuses (je vois dieu dans le peuple), Marx, le rêve d’une grande colombie et  son amitiée forte pour le nouveau président, bref très exotique et dépaysant. Puis Correa s’exprime longuement, sur la nécessité d’un changement (il est quand même le 9eme président de l’equateur en 10 ans), sur les valeurs des indigènes, sur lef ait que jamais il me trahira le peuple puis comme Chavez, le Che, Pablo Neruda, l’amérique latine unie etc etc. Très charismatique et plus crédible que Chavez tout de même.

 

Il est 13h30, le show se finit dans un délire collectif, tout le mondre crie viva Ecuador, viva fidel, agitent les drapeaux, pendant que toutes les musiques révolutionnaires en espagnol passent, celle du che guevara, bien sûr qui passe au moins trois fois. Puis évacuation de tout ce beau monde. On reprend la route pour quito, complètement épuisé dans la caravane de quatre quatre et de bus qui quittent le village. Une expérience intéressante, très révélatrice du courant qui traverse l’amérique latine en ce moment.

Bientôt, premier jour de travail dans l’ONG.