30 juin 2007
Despedida en série
Ca y est, mon séjour en Equateur se termine déjà... 6 mois de travail laborieux avec les communautés indigènes, 6 mois de voyages, de découverte de ce petit pays de la cordillère des andes, 6 mois de rencontres toujours plus inattendues. Ils ont sans doute changé beaucoup de choses pour moi, comment rester insensible devant la pauvreté de ce pays aux gens si aimables et discrets, alors qu'une toute petite élite en profite, en travaillant pour les entreprises occidentales ou nationales.
Et puis les montagnes, je crois que c'est ce qui me manquera le plus à Paris ou à Lille, je crois que j'ai attrapé le virus ici, toutes plus belles et hautes les unes que les autres, sans parler des volcans, majestueux, enneigés! Monter, monter je n'avais plus que cette idée en tête vers la fin de ce séjour en attendant le dernier, le Cotopaxi, lundi à 5800 metres d'altitude.
Puis l'Amérique Latine, toujours passionnante et passionnée, cette énergie pour la vie qu'on ne trouve plus toujours en Europe, la vie rythmée sans cesse par la musique partout et n'importe quand...
Les alpacas avec leur bouille sympa, l'ivresse à 5100 mètres dans la neige, les weekends avec les autres volontaires, l'Amazonie, les trajets en bus remplis de surprises, le travail avec les compañeros indigenas, les fêtes à Quito, les parties de billards le soir, Latacunga, autant de souvenirs inoubliables...
En attendant je laisse derrière moi des vrais amis, avec qui j'aurais vécu ces 6 mois, partagés la vie de tous les jours et les problèmes du travail.
Cela valait bien quelques fêtes, mes collègues avec Aurélie qui continue à ma place...
Puis avec les gens du café Internet ou j'ai passé beaucoup de mes soirées à discuter, à donner des cours de français...
Mercredi, je quitterais donc ce petit pays attachant, tout en sachant que j'y reviendrai...
3 semaines en Colombie... et c'est le retour en France.
27 juin 2007
Cieux des Andes
Majestueux
Timide
Contrasté
Enflammé
25 juin 2007
Prise de la place, Cotacachi
Le dimanche, les communautés prennent la place de Cotacachi, 43 communautés descendent, dansent et se battent pour prendre la place centrale de Cotacachi en controlant les 4 coins. Traditionnellement les communautés du haut se battent contre celle du bas.
Ca commence assez joyeusement, les gens boivent beaucoup ce sont surtout les hommes qui dansent. Dont les enfants, même les plus jeunes. Une amie est fan de tout ce qui est culture indigene, de leurs dieux, de leurs croyances et symboles, alors toute intriguée de la forme des chapeaux qu'ils portent, elle va en chercher la signification. Elle revient toute dépitée. Ces chapeaux, ils les mettent depuis quelques années seulement et c'est pour se protéger des pierres qui volent partout!
Tout le monde attend ou redoute le moment de l'affrontement entre communauté. Tous sont armés de fouet, en cuir et aussi en métal! On apercoit des chaînes et des trucs de Ninja, des couteaux aussi... Ca rigole pas. La police est la en force
pour éviter les accidents.
Ils sont assez impressionnant quand ils dansent, ils crient, ils sifflent. Quelques instants plus tard, la place s'est transformée en champs de bataille, gaz lacrimo, tout le monde courre, des combats de rue au fouet.
On apprend plus tard qu'un jeune a perdu la vie dans tout ca. Tous les ans il y a quelques morts nous précise-t-on. Ah bon
Un peu violente cette fête. Demain rebelote et les communautés qui ont perdu un des leurs seront la pour le venger...
24 juin 2007
Inty Raymi
21 juin, solstice d'été, les communautés indigènes fêtent l'Inty Raymi à Otavalo et notamment au bord du beau lac de Cuicocha.
Un chaman soigne les gens: dans l'eau froide du lac, il les fouette avec des orties, leur aspire leurs douleurs et les recrache plus loin, leur crache une bouillie d'alcool sur le corps. Parait qu'on ressort purifié de ce genre de traitement. En tout cas les gens font la queue et se battent presque pour se faire foutter...
En haut, danse et offrande à la Pacha Mama, la terre mère. Des fruits, de la viande.
Ils font un trou et y jettent tout lors d'un petit rituel en Kichua. C'est marrant un equatorien blanc semble s'être intégré dans la communauté et se prend pour un indigène. L'endroit est superbe.
Un instant le Cotachi se laisse voir, au dessus du lac.
18 juin 2007
Ascension Illiniza Norte
C'est parti pour 8heures de marche, à l'ascension du pic Illiniza à environ 5100 mètres d'altitude. Il ne fait pas très beau mais c'est parti. Au bout de deux heures on arrive au refuge à 4500 mètres. Il parait que le refuge ils l'appellent le réfrigérateur... En tout cas c'est vrai qu'il ne fait pas très chaud, c'est le moins qu'on puisse dire.
Puis 2h30 de marche dans la neige et les crampons, des passages un peu plus technique, beaucoup de glace et finalement on arrive au sommet!
Bien fatigué mais heureux. Une croix englacée nous attends.
Le ciel reste nuageux, mais parfois s'entrouvre nous offrant une vue vertigineuse sur la vallé. Dans les nuages tout prés du ciel...
La descente n'est pas plus aisée même plus fatiguante et elle nous prend au moins 3 heures.
En bas, il fait beau maintenant, la lumière est très belle, jaune vive sur les paysages de paramos.
17 juin 2007
Sorcellerie
Aujourd'hui un petit atelier sur la préservation des sols, donc je viens pour filmer tout ca et créer du matériel éducatif. Mais une collègue avait apporté ses baguettes de cuivre pour détecter les énergie. On les tient dans les deux mains et si elles s'ouvrent quand on est devant la personne, cela signifie que la personne en question dégage beaucoup d'energie positive.
Donc évidemment, je teste tout le monde. Le truc c'est que vraiment ca s'ouvre plus ou moins selon les personnes. C'est marrant. L'une des deux baguettes mesure la santé l'autre la santé émotionelle, donc faut que les deux soient équilibrées bien sûr.
Moi c'est équilibré mais pas très ouverts... Hum je reste un tantinet sceptique.
16 juin 2007
Chien Inca
Aujourd'hui un collègue nous a ramené une drôle de bête un petit chiot, super joueur et qui fait que des bêtises. Il parait qu'il fait partie de la race de chien qu'élevaient les incas pour garder le chef Inca.
Il est nu comme un vers, tout froid par endroit et brûlant à d'autres. Il a tout le temps le hoquet.
Son jeu préféré se jeter dans les jambes des gens. il est pas très beau mais attachant finalement avec son petit air têtu.
10 juin 2007
Ascension de l'Imbabura
Dimanche, 4h du mat, le réveil sonne. Je sais pas comment j'arrive à m'infliger de tels supplices. Mais ca en vaut le coup, avec Hélène on monte l'Imbabura, un volcan pas très haut somme toute, à 4800 mètres. On commence à marcher vers 6h du mat, le ciel étoilé et les lumières de la ville d'Ibarra au loin. Au loin quelques montagnes se détachent sur un fond de ciel rosé.
On monte, on monte comme d'hab, sans s'arrêter on est parti de 3200 mètres. De prés verdoyants le paysage se change en paramo d'herbes jaunes.
Le soleil parfois fait une timide apparition.
Notre guide laisse pas de répit, il trotte presque! Il est indigène et bosse pour une agence de tourisme communautaire. Il nous explique que le lac qu'on voit en bas, s'appelle en Kichua lac de sang, parce que les espagnols ont tué à cet endroit des centaines d'indiens et que l'eau était devenue rouge sang.
Une éclaircie nous laisse entrevoir le volcan Cayambe, tout enneigé juste en face.
On monte on monte jusqu'à arriver à un point de vue saisissant sur la vallé et sur le volcan Imbabura et son cratère:
Un vent incroyable super fort. Le guide nous dit qu'on va pas pouvoir monter au sommet trop dangereux avec ce vent. On attend quand meme un peu pour voir si le vent se calme mais c'est tout le contraire et en 10 minutes on meurt de froid à attendre et on commence à redescendre.
Dommage il manquait pas grand chose, une petite heure de marche.
09 juin 2007
Corpus Christi
Samedi matin 9h, j'hésite un peu, les grass mat se font rares. Mais finalement, on part pour Pujili à côté de Lata avec trois amis équatoriens. L'une est la fille d'un candidat député donc faut à tout pris collecter des signatures pour le soutenir. Les gens parfois, ne demandent même pas pour quel parti c'est et signent! Bon dans ce cas, c'etait le parti du président actuel, alianza pais.
Donc entre deux signatures, on voit le défilé du Corpus Christi, que j'appelerai plutôt carnaval finalement il n'a rien de religieux, c'est très coloré et animé, la bière coule à flot et faut se battre pour voir quelque chose. Ca dure super longtemps des groupes de tout l'Equateur défile dans le vacarme d'au moins 5 musiques en même temps.
Puis bousculade, flash et journalistes, le président passe dans le défilé, déclenchant les cris aigus des jeunes filles (parait qu'il est beau), et les acclamations de ses partisans , pire qu'une star de rock. 6 mois que je suis en Equateur deux fois que je le vois, il loupe pas une fête! A quand Sarkozy sur un char au carnaval de Nice ou mieux de Dunkerque?
Après quelques bières en plein soleil, il est temps de manger, du cochon, et de la peau de cochon frite avec de la purée. Pas mauvais. D'ailleurs on sait directement quelle partie du corps on mange car la dame nous extrait la viande directement du cochon qui est là devant nos yeux
05 juin 2007
Dans les champs
Aujourd'hui on monte dans une communauté à une heure de Saquisili, perdue dans les montagnes, pour continuer le suivi du projet. Il s'agit de protéger des sources d'eau pure avant que les animaux viennent les souiller ou qu'elle disparaisse à cause de l'érosion. Elle se situe juste en dessous d'un pic montagneux qui doit être à presque 4000 mètres. On arrive, les nuages aussi et le vent et en deux minutes il fait super froid. Je filme la source et le compte rendu d'un gars de l'organisation,dans le vent, mes mains sont rouges de froid.
Finalement on redescend, on va dans la communauté, il fait super beau maintenant et on a des vues jolies sur les environs, dont une sur les illinizas enrobées de nuages.
Je demande pour prendre une photo des gens, ils acceptent si je leur donne, je crois que si je leur apporte pas la prochaine fois, ils me tuent... Sans rigoler en plus!
On mange un plat de patate dont des bizarres qui sont bleues violettes! On va voir leur ferme, ils ont pleins d'élevage de couille-cochin d'inde!
Finalement on redescend, tout noir, de poussière et du soleil qui brûle tellement ici...















































