10 juin 2007
Ascension de l'Imbabura
Dimanche, 4h du mat, le réveil sonne. Je sais pas comment j'arrive à m'infliger de tels supplices. Mais ca en vaut le coup, avec Hélène on monte l'Imbabura, un volcan pas très haut somme toute, à 4800 mètres. On commence à marcher vers 6h du mat, le ciel étoilé et les lumières de la ville d'Ibarra au loin. Au loin quelques montagnes se détachent sur un fond de ciel rosé.
On monte, on monte comme d'hab, sans s'arrêter on est parti de 3200 mètres. De prés verdoyants le paysage se change en paramo d'herbes jaunes.
Le soleil parfois fait une timide apparition.
Notre guide laisse pas de répit, il trotte presque! Il est indigène et bosse pour une agence de tourisme communautaire. Il nous explique que le lac qu'on voit en bas, s'appelle en Kichua lac de sang, parce que les espagnols ont tué à cet endroit des centaines d'indiens et que l'eau était devenue rouge sang.
Une éclaircie nous laisse entrevoir le volcan Cayambe, tout enneigé juste en face.
On monte on monte jusqu'à arriver à un point de vue saisissant sur la vallé et sur le volcan Imbabura et son cratère:
Un vent incroyable super fort. Le guide nous dit qu'on va pas pouvoir monter au sommet trop dangereux avec ce vent. On attend quand meme un peu pour voir si le vent se calme mais c'est tout le contraire et en 10 minutes on meurt de froid à attendre et on commence à redescendre.
Dommage il manquait pas grand chose, une petite heure de marche.
09 juin 2007
Corpus Christi
Samedi matin 9h, j'hésite un peu, les grass mat se font rares. Mais finalement, on part pour Pujili à côté de Lata avec trois amis équatoriens. L'une est la fille d'un candidat député donc faut à tout pris collecter des signatures pour le soutenir. Les gens parfois, ne demandent même pas pour quel parti c'est et signent! Bon dans ce cas, c'etait le parti du président actuel, alianza pais.
Donc entre deux signatures, on voit le défilé du Corpus Christi, que j'appelerai plutôt carnaval finalement il n'a rien de religieux, c'est très coloré et animé, la bière coule à flot et faut se battre pour voir quelque chose. Ca dure super longtemps des groupes de tout l'Equateur défile dans le vacarme d'au moins 5 musiques en même temps.
Puis bousculade, flash et journalistes, le président passe dans le défilé, déclenchant les cris aigus des jeunes filles (parait qu'il est beau), et les acclamations de ses partisans , pire qu'une star de rock. 6 mois que je suis en Equateur deux fois que je le vois, il loupe pas une fête! A quand Sarkozy sur un char au carnaval de Nice ou mieux de Dunkerque?
Après quelques bières en plein soleil, il est temps de manger, du cochon, et de la peau de cochon frite avec de la purée. Pas mauvais. D'ailleurs on sait directement quelle partie du corps on mange car la dame nous extrait la viande directement du cochon qui est là devant nos yeux
05 juin 2007
Dans les champs
Aujourd'hui on monte dans une communauté à une heure de Saquisili, perdue dans les montagnes, pour continuer le suivi du projet. Il s'agit de protéger des sources d'eau pure avant que les animaux viennent les souiller ou qu'elle disparaisse à cause de l'érosion. Elle se situe juste en dessous d'un pic montagneux qui doit être à presque 4000 mètres. On arrive, les nuages aussi et le vent et en deux minutes il fait super froid. Je filme la source et le compte rendu d'un gars de l'organisation,dans le vent, mes mains sont rouges de froid.
Finalement on redescend, on va dans la communauté, il fait super beau maintenant et on a des vues jolies sur les environs, dont une sur les illinizas enrobées de nuages.
Je demande pour prendre une photo des gens, ils acceptent si je leur donne, je crois que si je leur apporte pas la prochaine fois, ils me tuent... Sans rigoler en plus!
On mange un plat de patate dont des bizarres qui sont bleues violettes! On va voir leur ferme, ils ont pleins d'élevage de couille-cochin d'inde!
Finalement on redescend, tout noir, de poussière et du soleil qui brûle tellement ici...
03 juin 2007
Grimpette au Fuya Fuya
Ce samedi, direction Otavalo, une nouvelle fois pour un atelier sur les alpacas avec une communauté locale. Sur le trajet Latacunga Otavalo, toujours les mêmes paysages superbes, mais je peux pas m'empêcher de prendre des photos mêmes si j'en ai déjà 10 000. Mais là le ciel est gris brillant c'est beau aussi.
On mange beaucoup, on rit beaucoup et finalement je reste pour le dimanche.
Lever 7h pour aller aux lacs de Mojanda et monter au Fuya Fuya, à 4200 mètres d'altitude, autant dire un nain dans ce pays. Mais c'est toujours un bon entraînement pour le Cotopaxi. Sur la photo c'est le petit pic de gauche.
Le lac de Mojanda est tout bleu tout joli, à 3200 mètres d'altitude, donc c'est toujours 1000 mètres de dénivellé à monter.
On fait ca en une heure et demi, la pente est hyper raide, au moins on se perd pas en détour. Tout en haut, le temps s'est partiellement dégagé et on a des vues magnifiques à 360 degré sur tous les volcans des environs et aussi les plus lointains, c'est assez enivrant. Notamment le Cotacachi, l'Imbabura et le cratère qui contient le lac de Mojanda.
Le Cotacachi:
L'Imbabura
Un peu plus loin on devine l'énorme volcan Cayambe, l'Antisana et aussi le Cotopaxi et très loin le Tunguruhua.
Au loin on apercoit même Quito et le Pichincha qui le surplombe.
Puis on redescend, beaucoup moins facile que la montée finalement, car la pente est toujours aussi raide mais ca glisse! Donc on fait la moitié du trajet assis. En bas la vue sur le lac et le Cotacachi est marrante.

Un petit tour au marché d'Otavalo, comme d'hab et hop retour de 5 heures à Lata.
02 juin 2007
Affaire d'état
Il y a quelques jours, la FIFA a interdit les matchs internationaux de foot à plus de 2500 mètres d'altitude parce que c'est injuste et dangereux pour ceux qui sont pas habitués. Donc ca interdit les matchs dans des capitales comme Quito, Bogotá ou La Paz. Evidemment, les gens sont pas ravis et l'affaire est prise très sérieusement. La fédération de football équatorienne, les maires des villes concernées, et maintenant les gouvernements s'opposent publiquement à cette décision. La communauté Andine a réclamé auprés de la FIFA, des manifestations ont eu lieu à Quito.
Il paraît que ce serait dangereux pour la santé. Va falloir penser à interdire les matchs dans les pays où il fait plus de 40 degrés ou dans les pays ou il pleut trop... Dangereux pour la santé aussi.
Le président Bolivien a dit: "Quien gana en la altura, gana con altura y quien tiene miedo a la altura, pues no tiene altura".
31 mai 2007
Alpacas
noSamedi je suis monté dans une communauté à plus de 3500 mètres d'altitude pour faire un film sur les alpacas et la manière de les élever. C'était aussi l'occasion de rappeler l'utilité de ces animaux dans la préservation des zones qui contiennent des sources d'eau. Je suis un peu berger dans l'âme somme toute.
Donc au programme, vaccination, déparasitation, manicure, coupe des dents, tonte, castration... Il n'y a pas à dire, je suis dans mon élément.
Je filme tout ca sans vaciller malgré les scènes d'une violence inouïe (interdit aux moins de 18 ans) de l'opération délicate de castration, les scènes plutôt stressantes du limage de dents qui donnent ces frissons horribles dans le dos, ou celles, douloureuses, d'injections de produits divers et variés dans le corps du pauvre animal.
Bref les animaux ont pris assez cher ce jour là, mais il paraît que c'est pour leur bien. D'ailleurs je confirme que ce genre d'animal crâche quand il n'est pas content.
Le but est de produire un instrument de formation pour Heifer Ecuador voire pour les autres pays interessés par ce genre d'animaux.
Donc j'ai réussi à me procurer ordi, câbles et logiciel pour monter cette vidéo. 3 jours de travail sans relâche, coupant les passages inutiles, les cris aigus des animaux à l'agonie, les discours interminables et les erreurs dans le discours des gars, ajoutant des titres, des génériques et de la musique funébre pour la castration et la voilà toute belle et propre pour passer à la télé.
Ce qui fait que pendant le montage j'ai du voir les parties techniques au moins 10 fois, je crois que je connais tout des alpacas, comment les tondre ou leur couper les ongles. Qui sait ca peut toujours servir...
30 mai 2007
Pêche miraculeuse
En sortant de la communautés où l'on a fait ce magnifique documentaire sur les alpacas, on assiste à une scène assez étrange. Une dizaine de famille patauge dans un lac qu'ils sont en train d'assécher et pêchent, à la main les truites qui y vivent. Cris, rires, poissons qui se débattent et sautent (si si ils sautent dans tous les sens!), vêtements qui se salissent de boue, soleil qui pointe derrière la brume, assez surréaliste, pour moi tout au moins, parce que tous ont l'air de beaucoup s'amuser...
27 mai 2007
Illinizas à Cheval
Depuis longtemps on avait prévu de faire un peu de cheval avec un ami, donc ce matin on part, pour une promenade jusqu'au pied des Illinizas, où il y a des eaux termales. Il a 4 chevaux, donc on en prend deux, le premier que je choisis ne m'aime pas du tout, et à peine je monte dessus, il se cabre, court partout et n'obeit pas. Donc je fais pas le malin et j'en prend un autre plus doux tout blanc.
On part de Toacazo, jolie vue sur notre objectif, le pic sud des illinizas.
On s'arrête au village acheter de la nourriture et on part au galop dans les chemins poussiérieux. Le temps est tres beau et on voit au moins 5 sommets enneigés du même endroit, plus le Tungurahua qui continue d'emettre son nuage de fumée.
Les chevaux sont têtus comme des mules, on s'arrête régulièrement pour les faire boire, mais malgré la chaleur et le rythme auquel on va ils ne veulent rien boire, juste manger.
Plus on s'approche des Illinizas, plus ca monte, donc on est obligé de ralentir, pour pas tuer les chevaux. Les paysages continuent d'être très beau.
On arrive au bout du chemin, il faut prendre un tout petit sentier escarpé donc on descend à pied. Une famille de touriste equatorienne nous suit, la mère est allergique aux chevaux et nous embetent pour qu'on aille plus vite. Finalement on laisse les chevaux dans un pres et on continue jusqu'aux eaux termales.
On passe dans de drôles de forêt avec le petit cheval blanc.
C'est marrant le fond du ruisseau est tout jaune. Ca doit être des roches volcaniques.
L'eau n'est pas si chaude, donc pas question de s'y mettre, dehors fait plus chaud du tout on doit bien être à 4000 mètres là voire plus. Voilà la baignoire où on était censé se mettre:
On marche un peu, le sommet enneigé est déjà couvert par les nuages.
La vue sur la vallée est bien jolie.
Il commence à pleuvoir donc on resdescend, et hop c'est reparti pour 3 heures à cheval, on court pas mal un peu moins qu'à l'aller.
Finalement on rentre après 6 heures à cheval, c'est épuisant, mal partout, surtout aux fesses. Plus une petite insolation à cause du soleil. Bref c'était très bien!
21 mai 2007
Volcans Quito-Latacunga
Ca y est c'est lundi matin, retour à Latacunga, lever 5h30 cette fois. Hum ca fait trois jours que je me lève avant 6h, ca commence à bien faire.
Mais au lieu de dormir, comme j'en ai l'habitude pendant le trajet, je regarde le paysage. Pendant que la radio raconte comment les hommes d'affaires américains venaient acheter le gouvernement equatorien pour exploiter les ressources, et aussi comment les paramilitaires colombiens étaient des brutes finies, forcant les nouvelles recrues à boire le sang de leur victimes et à manger leur chair, eh bien je vois les paysages les plus beaux du monde je crois! Quelques nuages, mais tout est assez dégagé pour voir tous les volcans sur la route.
On sort de Quito et hop on voit le Pichincha qui surplombe Quito avec ses deux pics principaux, légerement enneigés. Superbe
Mais ce n'est que le début. Un peu plus loin, une vue magnifique sur trois volcans, le pasochoa, le cotopaxi et le rumiñahui, sur la photo.
Sur celle ci le Pasochoa.
Sur celle ci, le Cotopaxi et le Rumiñahui.
On continue et on a des vues imprenables sur le Cotopaxi, vraiment, ce volcan doit être le plus beau du monde! Prochain objectif, l'escalader et atteindre son sommet à presque 6000 mètres.
Avec les nuages flottant autour, il trône énorme et puissant à coté des autres volcans.
Puis de loin...
En continuant un peu plus loin, on a une jolie vue sur les illinizas, avec peu de neige, on avait escaladé celui de droite il y a quelques semaines...
Puis au fond apparait le Chimborazo, le plus haut volcan au monde!
Et enfin on arrive à Lata, crevé mais ravi, vraiment trop beau...
20 mai 2007
Otavalo et la laguna de Cuicocha
Donc après 7 jours passés au lit, atteint d'une maladie étrange, j'étais trop content de partir en weekend continuer à découvrir les volcans d'Equateur. Cette fois, direction Otavalo à 2 heures de Quito. Lever 6h30 un dimanche matin, c'est pas humain! Mais au moins le trajet passe vite vu que je m'endors.
Petit déj et tour dans le marché d'artisanat, le plus beau d'Amérique Latine, selon eux... Ici les indigènes ont réussi à garder leurs traditions tout en s'adaptant à la modernité en vendant aux touristes leur artisanat. Ce qui fait qu'ils ont des habits superbes et traditionnels encore pour quelques temps.
Puis 2 bus et une camionette et nous voilà à la Lagune de Cuicocha. Une nouvelle fois, un lac magnifique dans le cratère d'un volcan. Au milieu deux petites îles. Contrairement à la laguna de Quilotoa, le site est très exploité au niveau touristique, signe une nouvelle fois que les indigènes de la région réussissent à s'organiser et se développer.
On fait un petit tour en bateau sur le lac. L'eau vient principalement de la fonte des neiges du volcan lors de sa dernière éruption. L'eau est incroyablement transparente bleu profond. A certain endroit le lac a presque 300 mètres de profondeur. Parait que Cousteau est venu voir avec son sous marin, premier truc qu'on m'a dit quand j'ai dit que j'étais francais!
Le volcan est toujours en activité et à certains endroits du lac, on peut voir des bulles monter à la surface.
Puis on marche pour commencer le tour du lac qui se fait en 5heures tout de même, c'est vraiment très beau, des fleurs partout.
Puis on descend à pied vers le village, il pleut, il grele et personne veut nous emmener, finalement une camionette nous emmène. On file à une cascade près d'Otavalo, assez impressionante tout de même surtout sous l'orage! Une nouvelle fois, c'est très bien aménagé, dans cette région rien à voir avec ou je vis...
Enfin, retour crevés, trempés vers Quito, où je dors encore tout le trajet.
























































